Après s’être attardé sur des questions d’ordre général dans ce grand bilan de la saison 2011/2012 concernant le Wild, je m’attable aujourd’hui à des questions beaucoup plus personnelles. Il est temps de mesurer l’impact de certains joueurs dans cet effectif et pas des moindres : les nouveaux arrivants !
La saison morte 2011 a été vécue comme une réelle révolution dans « l’Etat du Hockey » avec comme catalyseur les arrivées de Devin Setoguchi et de Dany Heatley. Les deux transfuges des Sharks de San José arrivaient dans un marché où l’attaque n’était pas le light motif à vrai dire. Tout deux étaient donc attendus comme deux nouvelles gâchettes qui allaient ramener le Wild vers, au moins, une place de qualifiable pour les séries. La fin tout le monde la connaît, le Wild passe pour une quatrième année consécutive à côté de cet objectif.
Il convient donc de s’interroger sur le rôle qu’ont joués ces deux nouveaux arrivants, et plus largement sur les joueurs ayant eu moins de renom ou s’étant joint à l’équipe en court de saison. C’est ce pourquoi je vous délivre la seconde partie de mon compte rendue sur le Minnesota Wild Hockey Club !
PARTIE II : Du sang neuf pour une renaissance …
Si Chuck Fletcher a créé deux vrais coups d’éclat l’été dernier en amenant Setoguchi et Heatley, c’est en grande partie pour redynamiser l’attaque du club du Minnesota qui depuis des années est abonné à la dernière place de la ligue en terme de but marqués à chaque fin de saison. Un problème de personnel ? C’est ce que pensait Fletcher. Amener des noms tels que ces deux là allait à coup sûr lui donner une équipe beaucoup plus véloce sur le plan offensif.
Le problème reste finalement le même et cette année encore le Wild reste accroché à la dernière place de la ligue en terme de buts inscrits. Le raisonnement de Fletcher était-il trop simpliste ? Ou a-t-il eu, une année de plus, encore trop de malchance ?
Attardons-nous au cas par cas sur chacun des cas de nos néo-wild !
Dany Heatley : gâchette grippée mais leadership retrouvé.
Rien que le nom en impose. Dany Heatley n’est pas n’importe qui dans la ligue nationale et n’importe quelle personne suivant l’actualité de la ligue acquiescera lorsque vous lui demanderait si elle connaît le nom de Dany Heatley. Médiatiquement, le pari de Fletcher était réussi en attirant le buteur canadien en échange de Marty Havlat.
C’est un vrai goaleador qui s’est amené dans le Minnesota l’été dernier. Ayant connu des saisons à 50 buts lorsqu’il jouait avec les Senators d’Ottawa, le germano-canadien fait parti des rares gâchettes présentes dans la ligue ayant atteint dans leur carrière ce plateau. En manque de vitesse depuis deux saisons à San José, l’embauche de Dany Heatley avait pour but de redynamiser l’attaque du Wild grâce à un scorer de premier plan. Le Wild n’a plus eu un tel joueur dans son effectif depuis le départ de Marian Gaborik. Pour Heatley, cet échange fait office de dernier défi avant une retraire qui devrait arriver d’ici 4 à 5 ans.
Au final la saison de Dany est assez moyenne même s’il n’a pas été le pire joueur de l’équipe, loin de là. Il récolte 24 buts et 53 passes, et se classe premier de l’équipe dans ces deux catégories. Néanmoins ce résultat est bien trop moyen pour un joueur comme Dany Heatley. Avec une moyenne de 40 buts et 84 points sur les six dernières saisons, les stats qu’il a amassé cette saison sont bien trop moyenne. Loin de moi d’attendre des stats proches des moyennes que je viens de vous présenter, mais un record avoisinant les 30 buts et les 70 passes aurait été une bonne saison pour lui.
Mais comme vous le savez, s’arrêter aux stats ne signifie rien. Au contraire il est bien trop facile de s’arrêter à ce seul critère. La saison de Dany Heatley est également moyenne dans la manière. Bien trop souvent impliqué dans le forecheck et dans le backcheck, il n’a pas compensé son manque d’efficacité devant le filet par une dévotion visible à l’effort du groupe. Mais doit-on attendre une telle implication physique de la part de Dany ?
Il convient de rappeler que Dany Heatley est avant tout un scorer. A ce titre n’attendez pas énormément d’implication de sa part dans le secteur physique et défensif.
Néanmoins il y a quelque chose qui me dérange dans cet état de fait. Il sait qu’il arrive dans une équipe et surtout dans un système qui impose une implication de tous les joueurs au niveau du sacrifice. Pourtant je n’ai pas eu l’impression durant cette saison d’avoir vu un Dany Heatley complètement impliqué dans l’effort collectif.
Mais de manière beaucoup plus globale, je pense que l’acquisition de Dany Heatley l’été dernier a été une bonne chose pour cette équipe. On sait que le Wild est une équipe en voie d’intégrer de bons jeunes dès la saison prochaine. La présence d’un néo-vétéran comme Dany Heatley est très important pour le développement de ces jeunes. On sait que Heater ne connaitra plus des saisons à 50 buts, mais son expérience et son leadership sont très importantes.
Qui plus est, il n’a pas réellement pu développer la chimie avec Mikko Koivu. Le capitaine finlandais ayant été blessé une grande partie de la saison et Heater a perdu là sa principale source de passe sur le premier trio. Bien qu’il y ait eu une belle chimie durant la saison avec Brodziak et Johnson, cela n’empêche que le duo Heatley/Koivu se doit d’être le moteur des Wild. Attendons la saison prochaine, en croisant les doigts que la saison de Koivu soit complète, pour voir si ce duo peut réellement faire la différence. Avant que j’oublie, je tenais aussi à vous faire remarquer que Heatley est un joueur que très rarement blessé, ce qui tranche complètement avec Marty Havlat qui avait un temps de présence égal entre la patinoire et l’infirmerie. En 6 ans, il n’a loupé que 13 matchs …
Devin Setoguchi : en quête de stabilité.
La saison de Devin Setoguchi a elle aussi été bien singulière. Lui aussi arrivé de San José, il n’a pas connu une saison exceptionnelle ni une saison catastrophique pour autant. Déplacer de trio en trio, il n’a pas réussi à convaincre sur toutes les lignes qu’il a testé. Par défaut, Mike Yeo a préféré le laisser sur le premier aux côté de Heater et de Mikko en attendant qu’un déclic se passe entre ces trois là. Mais voilà, la saison de Devin a été bien trop hachée, alternant les périodes de bons et les périodes de moins bon.
L’on a appris juste après la fin de la saison régulière que Devin Setoguchi avait connu un été particulier. Micheal Russo révélait via une interview que le numéro 10 des Wild avait subis un accident d’une des manières les plus rocambolesques. Alors qu’il était en visite chez son chiropracteur à San José, une voiture a foncé par accident dans la vitrine de ce dernier. La voiture est passée à 5 cm de Seto et ce dernier a été très affecté émotivement par cet accident. Il a avoué au journaliste du Star Tribune qui le choc émotif a été fort et qu’il avait empiété sur sa préparation pour la saison.
Tout ceci ne peut pas être une simple coïncidence. Le début de saison de Setoguchi a été difficile. Cet accident y est à coup sûr pour quelque chose. Voici donc un premier élément qui explique la saison bien singulière de Devin.
Qui plus est, sa blessure au genou début décembre a longuement coupé sa saison à un moment où il semblait revenir fort. Bref, il a du passé environ 1 mois hors des patinoires NHL. Après ça difficile de revenir au rythme où il en était resté. Voilà pourquoi la saison de Setoguchi a également été singulière.
J’évoquai un peu plus haut la question de la première ligne. Actuellement il n’y a pas de raisons de croire qu’il en sera éloigné pour le premier match de la saison régulière. Néanmoins, certains éléments peuvent jouer en sa défaveur. Tout d’abord l’arrivée de Mickael Granlund, le prodige finlandais, dans l’effectif du Wild. Le jeune finlandais pourrait bien se tailler une place dans le top 6 offensif. Qui plus est, Mike Yeo pourrait être tenté de l’associer à Mikko Koivu sur le premier trio. Son profil est proche de celui de Pierre-Marc Bouchard. Si Butch revient la saison prochaine, ce dernier pourrait avoir le 2nd alignement et Granlund le 1er.
La seconde possibilité est celle de l’arrivée éventuelle de Zach Parise lors du marché des agents libres. Il ne fait aucun doute que le Wild veut tout faire pour attirer le natif de Minneapolis à la maison. Si ce dernier signe en faveur du Wild, il voudra y avoir un rôle prépondérant, c’est à dire sur le premier trio. Dans ce cas le premier fusible à sauter sera à coup sûr Devin Setoguchi.
Le fait est que sa saison sera regardée de très très près !
Darroll Powe : l’enforceur aux multiples visages.
A la suite de la cascade de blessures chez les six premiers attaquants des Wild, certains joueurs ont vu leur temps de glace et leur rôle être revu à la hausse. Darroll Powe fait parti de cela. Au début promis à un rôle de « grinder » sur le 4ème alignement, Powe a vite vu son temps de glace augmenter notamment par une promotion sur le 3ème trio. Trimbalé de l’aile au centre, il aura toujours répondu présent. Darrol s’est avéré être un joueur sur lequel on peu compter. Excellent tueur de pénalité, il s’est cogné la salle besogne durant toute la saison. Bref il a parfaitement collé avec la nouvelle identité que Mike Yeo cherche à inculqué à cette franchise : des joueurs dévolus au collectif avec un jeu porté sur le physique.
Tom Gilbert : le retour au pays !
L’arrivée de Tom Gilbert à la trade deadline a pris tout le monde de court. L’échange Gilbert/Schultz personne ne l’avait vu venir car pas grand monde pensait que Chuck Fletcher envisageait réellement d’échanger l’éternel Nick Schultz qui était au club depuis 10 ans. Pourtant Fletcher ne s’est pas fait prié et a ramené Gilbert dans son Etat natal, le Minnesota.
La logique derrière l’arrivée de Gilbert était d’amener un défenseur bien meilleur dans le maniement de la rondelle. La différence entre Schultz et Gilbert est très fine. On peut dire que Schultz est meilleur sur le plan physique et que Gilbert est meilleur sur le plan technique. En amenant Gilbert, Chuck Fletcher veut redonner à sa défense un joueur capable d’exécuter correctement la première passe pour les attaquants.
En soit, je trouve toujours l’échange profitable au Wild. Même si Tom Gilbert n’a pas enthousiasmé tous les fans depuis son arrivée, son impact devra se faire sentir dès la saison prochaine. Pas facile d’arrivée dans le Minnesota en court de saison et surtout dans les circonstances que l’on connaît. L’équipe était littéralement à la dérive à son arrivée et pas facile de bien s’intégrer dans un groupe qui part en vrille. On pourra bien juger son impact dès la saison prochaine.
Egalement le système de jeu prôné par Mike Yeo est bien différent de celui développé à Edmonton où l’impact physique n’est que secondaire en réalité. Matchs après matchs, j’ai senti Tom Gilbert un peu plus à l’aise avec ce système, preuve qu’il progresse dans cet apprentissage. Il ne fait aucun doute que Mike Yeo attend de lui d’être un leader dans cette défense, si ce n’est le leader. Quand on voit qu’autour de lui il y a des joueurs comme Scandella, Spurgeon, Kampfer, Falk, il apparaît comme le seul vétéran dans cette défense, seul gars ayant roulé sa bosse dans la ligue nationale. Assumé ce rôle d’entrée et en peu de match, ce n’est vraiment pas facile.
Attendons donc la saison prochaine pour commencer à juger Tom Gilbert qui pourrait être épaulé par un autre défenseur expérimenté en provenance du marché des agents libres.
Steven Kampfer : la nouvelle garde.
Steven Kampfer est lui aussi arrivé à la trade deadline. En provenance de Boston, il s’en est venu dans le Minnesota en échange du vétéran Greg Zanon. Quand on voit ce que Zanon a apporté aux Bruins, on peu dire que le Wild sort largement vainqueur dans ce trade. Kampfer est un jeune défenseur bourré de talent dans l’aspect offensif du poste.
Il m’a beaucoup fait pensé à Jared Spurgeon dans son approche du jeu. Les deux joueurs ont quasiment le même petit gabarit et ont tous les deux une rôle assez similaire sur la glace. Ce sont deux défenseur qui sont là pour délivrer la première passe vers l’offensive et également épaulé les trios offensif. C’est souvent que l’on a vu Kampfer épaulé la seconde vague derrière l’attaque.
Il demeure un jeune joueur. Il y a de grandes chances pour qu’il acquière un poste de titulaire la saison prochaine. Tout ceci sera conditionné par le marché des joueurs libre. Si Fletcher arrive à attirer un ou deux top 4 défenseurs, il n’y aura que peu de place pour lui dans le lineup. Ceci n’est pas un soit un problème car il a tout le temps pour se développer en ligue mineure. Et puis il sera parfait en guise de 7ème défenseur en cas de blessure.